mardi 14 juillet 2009

Un cas inca

Dans l'article precedent, nous avons plusieurs fois evoque le fait que nous prenions de la coca... (surtout Olivier...). Il est temps de vous en dire plus !

A La Paz (Bolivie) existe le musee de la coca. C'est un musee a vocation pedagogique et salutaire pour tordre le cou aux idees reçues sur cette feuille, et pour rompre l'image que tient le pays en tant que "producteur de drogue".

La feuille de coca existe depuis plus de 5000 ans. Son utilisation est donc autant traditionnelle, religieuse que profane.

Des -2500 a -1800 ans, dans le nord de l'actuel Perou, des restes de mastication de feuilles de coca ont ete decouverts. Les indigenes se servaient de son pouvoir pour operer, faire des trepanations... Dans l'histoire de la medecine le feuille de coca est le premier anesthesiant connu !

Elle servait aussi lors des rituels a entrer en contact avec l'inframonde (celui des morts) et le monde d'en haut (en savoir plus sur le futur). Il etait et est toujours d'usage d'echanger des feuilles de coca comme gage de savoir vivre. Comme cela est explique au musee, " la feuille de coca est comparable a l'hostie sacree et au vin rituel... c'est un lubrifiant social qui renforce les rites et facilite l'echange ".


Voyez plutot ce que fait l'Histoire avec la feuille de coca
...


Des la colonisation, en 1551, le premier conseil ecclesiatique de Lima decrete que " la feuille de coca est diabolique " et qu'elle est aussi " un obstacle pour la christianisation ". Eradication, interdiction et torture... Or peu apres, l'Eglise autorisera a nouveau sa consommation et sa culture ayant observe qu'elle ameliorait le rendement des indigenes ! Elle instaurera meme une taxe sur la production !! Selon des propos de l'epoque, " dans la coca, les indigenes trouverent des aliments pour leur corps et de l'amour pour leur douleur "...


Incroyable, en 1573, dans les mines de Potosi (voir article precedent), la valeur de la consommation mensuelle de feuilles de coca equivalait a 450 kilos d'or ! Est nee a cette epoque " la malediction de la coca " :


" Quand le conquistador blanc a touche la feuille de coca, tout ce qu'il a trouve c'est
du venin pour son corps et de la folie pour son esprit,
et quand la coca a tente d'apaiser son corps,
ça n'a fait que le briser,
comme le cristal de glace detruit les montagnes
."





Et cote français... et bien en 1863, apres le boom de la cocaine legale (!), Angelo Mariani lance a Paris une boisson baptisee " vin de coca Mariani " (0.12 g de cocaine pour 28 g de liqueur). Cette boisson est reconnue partout dans le monde et le pape Leon XIII attribuera meme la medaille d'or a ce breuvage ! En 1886, aux Etats-Unis, le docteur J. Pemberton en fera une copie... a qui un publicitaire creera un logo et donnera un nom... le coca-cola ! Et dire que le coca-cola a failli etre francais... qu'a t-il manque a Angelo Mariani ??

En 1914, la cocaine est consideree comme illegale et la boisson est decocainee... toujours depuis ! Pour quelques chiffres, l'usine americaine Coca-Cola achete toujours environ 200 tonnes de feuilles de coca a la Bolivie et plus de 1000 tonnes au Perou par an, chiffres officiels de 1990 !

Insolite : cote consommation, Sigmund Freud - pere de la psychanalyse - publie en 1884 son premier article sur la coca. Freud est le premier consommateur de cocaine de l'histoire...

Pour obtenir 1kg de drogue cocaine a partir de la feuille de coca - car " la coca no es drogua " - il vous faudra 323 kg de feuilles, divers acides (sulfurique, chlorhydrique, acetone, ether), et de la main d'oeuvre ( pas chere, qui malheureusement existe dans les quartiers nord de La Paz). Le benefice entre ces achats et la vente d’un kilo de drogue pure est de au moins x 1000… Difficile de trouver mieux.
Depuis les annees 50, et une loi en 1961, les Nations Unies ont declare la guerre a la coca et mene de fortes campagnes d'eradication dans ces pays d’Amerique du Sud. Apres des milliards de dollars depenses pour aussi aider les paysans a cultiver autre chose… la Bolivie tente de preserver ses traditions en legalisant la feuille sous sa forme naturelle (Evo Morales est un ancien syndicaliste cocalero), tout en luttant contre les narcotraficants . Ceux-ci sevissent pour alimenter le marche des Etats-Unis et de l’Europe et les boliviens sont montres du doigt... Dure realite.







Sinon une etude datant de 1997 a montre que mastiquer des feuilles de coca :
- ameliore la tolerance au travail ;
- stimule les centres respiratoires en dilatant les alveoles pulmonaires ;
- empeche l’agregation des globules donc fluidifie le sang ;
- regule le metabolisme du glucose aidant a controler le diabete;
- n’empeche pas la consommation d’aliments.

La conclusion de cette etude – et la fin de ce paragraphe sur cette feuille – est que la coca est un adaptateur pour la dure vie en altitude.


Et concernant les drogues, n'oubliez pas :



Nous vous rappelons que vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir...


Nous quittons la Bolivie et arrivons non sans peine au Perou, dans la ville de Cusco. Cette ville historique, ancienne capitale de l'empire inca, sera le point de depart vers la cite du Machu Picchu.
Le temps de trouver une agence, de negocier les prix et de visiter un musee inca, nous quittons "le nombril du monde", signification de Cusco en langue quechua chez les incas.

Quoi ?? On ne vous a pas parle des incas !!!!!

Alors on y va :
Les Incas etaient a l'origine une petite tribu guerriere qui residait dans une region de plateaux au sud de la cordillere centrale au Perou. Au XII siecle, ils commencerent a se deplacer dans la vallee de Cuzco et arriverent a avoir la mainmise sur un empire colossal. En 1525, le territoire controle par les Incas comprenait la partie la plus meridionale de la Colombie, l'Equateur, et le Perou, jusqu'a la Bolivie en incluant une partie de l'Argentine et du Chili du nord. L'empire s'etendait sur pres de 3500 km du nord au sud et sur 800 km d'est en ouest.


En realite historique, le peuple se nomme "Tahuantinsuyo" et leur chef se nomme l'Inca. Ce sont les espagnols qui ont nomme l'ensemble de ces habitants les incas.

On estime que le nombre d'habitants de cette immense region, issus de peuplements tres divers etait de l'ordre de 2,5 a 16 millions. La capitale de l'empire Inca etait Cuzco qui signifie, en quechua... ? on vous l'a dit plus haut !
Cependant, l'empire atteignit son etendue maximale sous le regne du fils de Tupac, Huayna Capac. Huayna Capac mourut en 1525 sans avoir designe son successeur, ce qui entraina la division de l'empire. Deux de ses fils, les demi-freres Huascar et Atahualpa, briguaient le trone et la lutte acharnee qu'ils se livrerent, et qui s'acheva en 1532 avec la capture de Huascar, contribua a affaiblir l'empire. L'histoire de France a quelques similitudes avec ces evenements non ??

Le Machu Picchu est le plus celebre des sites Incas. A l'exception de quelques Quechua, habitants de la region, personne n'en connaissait l'existence avant que l'historien americain Hiram Bingham ne le decouvre par harsard en 1911, alors qu'il visitait la region accompagne d'habitants. Le site etait, bien entendu, recouvert de vegetation. Jusqu'a aujourd'hui les connaissances concernant le site restent superficielles. En effet, lors de la conquete, les espagnols ont eradique la culture orale inca en tuant les personnalites qui detenaient ce savoir, et les incas ne possedaient pas l'ecriture pour sauvegarder leur patrimoine... Quelle perte immense. Des lors, certains pensent que la cite fut fondee lors des dernieres annees de l'Empire inca, dans un ultime sursaut pour preserver leur culture ou rassoir leur pouvoir; d'autres supposent que le site etait un observatoire astronomique. En tout cas, l'exceptionnelle qualite du travail de la pierre et l'abondance des ornements atteste que Machu Picchu fut un important centre de ceremonie.




Voici un aperçu de l'evolution de la technique du travail de la pierre... pas mal au XVe siecle sans scie sauteuse ni ponceuse electrique !

Lorsque l'espagnol Pizzaro debarqua vers 1528 sur la cote accompagne d'une troupe d'environ 180 hommes pourvus d'armes a feu et de chevaux, les Incas pensaient que ces Espagnols a la peau claire etaient en fait des demi-dieux Incas de retour. Pizarro et sa petite troupe prirent possession du vaste et tres centralise empire, en se contentant de faire prisonnier son dirigeant, Atahualpa. Selon les dires, invité par l'espagnol Francisco Pizarro, l'Inca Atahualpa se rend à Cajamarca au nord du Pérou. Atahualpa, à qui l’on présente les livres sacrés, refuse de se convertir au christianisme. Il aurait même lancé l’ouvrage par terre. Les Espagnols utilisent ce prétexte pour massacrer l’escorte de l’empereur et le village. Le souverain inca est fait prisonnier. Ses sujets feront amasser une quantité extraordinaire d'or et d'argent pour obtenir sa libération, mais en vain. Pizarro condamnera Atahualpa à mort et lui fera trancher la tete le 29 août 1533. Autre version : l'empereur inca se sachant perdu offrit a Pizarro cette fortune pour qu'il le tue d'un coup de dague afin qu'il meure en possedant tout son corps et qu'ainsi il puisse se reincarner et revenir dans le monde.

Pizarro permit alors a Manco Capac, demi-frere d'Atahualpa, de monter sur le trone tout en se servant de lui pour manipuler ce peuple immense. Quelques annees plus tard, Manco conduisit une revolte contre les Espagnols. Il fut vaincu et contraint de se refugier dans les montagnes, ou il fut assassine par ses compagnons. L'empire etait deja en pleine deliquescence. Le dernier pretendant au trone inca, Tupac Amaru, fils cadet de Manco Capac et dernier representant de la lignee male, fut decapite par les Espagnols sans descendance, ce qui mit definitivement fin au regne des incas.
Ce peuple nous laisse donc une cite appartenant au patrimoine mondial qui ne fut jamais decouverte par les espagnols !

Le Machu Picchu...
L'une des 7 nouvelles merveilles du monde. Au fait connaissez-vous les 6 autres ??
Si oui, lisez la suite, si non, petit lien :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:New_7_Wonders_Winners.png

Nous avons decide de rejoindre cette merveille en faisant le "JUNGLE TREK", un periple de 4 jours avec VTT et marche, le tout dans un groupe d'une dizaine de personnes... avec tout prevu (hebergement, nourriture, entree etc...). Prix raisonnable pour cela (115€), donc en route !
Nous voici donc tous pour ce premier jour ou une belle descente en VTT nous fera passer de 4700 m a pres de 1000m, d'un temps frais a l'humidite et la chaleur quasi tropicale...





Photo souvenir de Sud Coreens, Allemande, Colombienne, Americain, Canadiens et Français.





Ce trek creuse a flanc de montagne longe une riviere bien fraiche !




Une entreprise chinoise a realise une centrale hydraulique utilisant l'eau des montagnes et alimentant entre autre la ville de Cusco. Ici l'eau jaillit et rejoint la riviere de façon impressionnante !






Vegetation dense, fruits, insectes et animaux :




... qui s'amuse le plus ?





La-haut dans la brume... les ruines incas sont bien cachees.



Derniere nuit a Aguas Calientes, le village sous le Machu. Demain lever a 03h30 pour se mettre en route des 04h15. Mille sept cent marches de pierres nous separent de la cite inca. Pres d'une heure de montee a la lumiere de la lampe frontale. Nous sommes devant les portes avant 06h00, et entrons dans le site avec la brume qui se leve, vision fantastique :







godillots dans la brume...


Nous beneficierons d'un guide espanol pour mieux decouvrir l'etendue de cette cite.















Dos au Machu Picchu, vision sur la cordillere blanche, avec d'autres pics a 6000 m ou nous ferons dans quelques jours nos derniers treks.





A gauche, supposition sur la façon dont les incas fendaient les blocs de pierres. A droite, on peut observer un mur avec des pierres d'origine et au-dessus une tentative de renovation. Comme on dit ici :
"un travail d'inca et un travail d'incaPABLE" !















Ce mont, est le Wayna Picchu. On y observe la cite inca et nous vous livrons plus bas une petite video retraçant humblement l'histoire du Machu...



200 personnes accedent au Wyana Picchu a 07h00 et 200 autres a 10h00, c'est tout. Nous en serons !




Voila le Machu Picchu, son plan et le vrai !




L'Histoire interactive comme si vous y etiez !





A gauche de la cite, la route pour y acceder en bus... les marches que nous avons prises traversent tout droit la foret.





Prudence pour redescendre sur ces marches d'origine et sous l'oeil bienveillant du lama.






Derniers cliches de l'autre cote, deja 9h00 que nous sommes sur le site !




Et l'adieu a la cite, avec cette vision fantastique de monts qui l'entourent et la protegent.


Ravis de ce nouvel enrichissement dans notre voyage, nous redescendons les 1700 marches (bonjour les jambes !) pour retourner a l'hotel et prendre notre train direction Cusco. Mais tout ne se passe pas comme prevu !!!
Pas de places reservees pour nous. L'agence n'a pas fourni nos tickets prepayes et a la gare le controleur ne veut rien entendre : nous ne monterons pas dans le train prevu ! De plus, ce charmant controleur ne veut pas nous vendre de place dans le prochain train, nous dit de revenir demain mais qu'en raison d'un mouvement de greve, de toute façon les trains ne partiront pas avant trois jours... ZEN !!!!!!!!!!!!!



Ecoutez notre etat d'esprit, bloques a la gare...



Avec l'aide d'un local nous parviendrons a retourner la situation et a obtenir pour nous et les sud-coreens nous accompagnant les fameux billets...

Une nuit donc a Cusco pour rever et se promener encore dans le Machu Picchu, puis direction Huaraz au nord de Lima en bus de nuit. Au programme, treks dans la cordillere blanche... dans moins de 15 jours c'est la France.

Nous vous retrouvons donc bientot pour le dernier article !






vendredi 3 juillet 2009

Va y'avoir du sport

Vu l'environnement geographique de La Paz, d'enormes opportunites sportives s'offrent a nous. De plus piques au vif par vos remarques, nous devions casser une fausse reputation qui se mettait en place a base d'asado, vino et repos !!
Voici donc nos resolutions respectives :
- Olivier, mission, tenter l'ascension d'un mont de la cordillere royale ;
- Helene, mission effectuer les 3500m de denivele du trek del Chorro ;
- Pour les deux, mission " descente de la mort en VTT ".
Beau programme non !


" Un sommet... je voulais depuis la France gravir un sommet important en Amerique ! Face a moi se dresse la Cordillere Royale et le mont Huayna Potosi... ce sera donc lui ! Il culmine a 6088 metres !

C'est LUI !



Je me mets en conditions une semaine avant, faisant un peu d'exercice en altitude pour me garantir une bonne acclimatation.
Ensuite choix de l'agence. Je decide de tenter l'ascension seul, accompagne d'un guide. Je serai responsable de ma cordee et ainsi non dependant de l'etat physique d'autrui. L'equipement est fourni par l'agence : crampons, piolet, harnais, combinaison...
Cote estomac, riz et pates, viande bien cuite et mate de coca pour bien digerer, pas de lait, jus ou epice... En altitude la digestion c'est souvent LE point faible...
Seul hic durant les jours precedents, le vol de mon petit sac a dos. Des demarches administratives a faire et une colere envers moi-meme a evacuer... j'apprends... j'apprends...


Quasi seul souvenir du sac... un peu maso Olivier pour mettre cette photo...
Je me sens bien et fin pret, le 23 juin pour trois jours d'ascension.



Ramiro - 24 ans - sera mon guide, moi - 35 ans depuis peu - serai son montagnard neophyte.



Premiere journee au camp de base a 4700 m : entrainement escalade et marche a deux sur glacier.




Marcher encordes, plantes de piolet et crampons, confiance pour descendre face a la pente glacee...



Un peu de bruit sur la glace...

Et un ptit sommet de glace !



Stretching, repas du soir a 18h00 et endormi vers 19h30 ! Je me sens tres bien, heureux et chanceux d'avoir evolue entre ces glaces qui malheureusement se reduisent d'annees et annees. Oui le rechauffement climatique existe... Pensez a notre belle Terre, agissez !



Deuxieme journee a rallier le campement haut a 5130 m : acclimatation et repos avant ascension finale.


Nous portons tout notre materiel et la nourriture... le sac pese !



Passage sur des moraines et ça grimpe ça grimpe a flanc de roche...




Vues splendides a cette altitude...







Cena (diner) a 17h00 et dans le sac de couchage a 18h00 ! Sensation speciale de fatigue et d'excitation, de maitrise de son calme et d'envie de crier que " C'EST FORMIDABLE D'ETRE LA ! "
Dans le refuge, 13 personnes s'appretent aussi a tenter de vaincre ce mont. Cela represente 6 cordees de 2 en plus de leur guide. Ramiro me demande d'etre pret demain a 01h20 du matin pour dejeuner...


Troisieme journee : ascension a 6088 m et retour !


Leve le premier a 01h00, pret au p'tit dej a 01h20 !! J'avale quelques biscuits secs et bois mon mate de coca. Tout le monde se prepare dans le refuge, y'a des crampons, des harnais et des bonnets de partout !
A 02h00, lampe frontale allumee, premiers pas sur le chemin de glace. Neuf cent cinquante huit metres d'ascension sur glace. Il fait nuit noire, le ciel est magnifique. Je suis suffisamment couvert pour n'avoir ni froid, ni trop chaud.
La corde entre Ramiro et moi se tend, des lors nous marchons d'un meme pas. Le crissement de nos crampons rompt le silence de ce noir manteau qui nous entoure. Quelques lampes ici et la indiquent l'emplacement des autres cordees. Nous sommes la troisieme a s'elancer sur cette voie.
Nous ferons trois petites pauses pour boire un peu d'eau - qui gele de plus en plus - et croquer quelques carres de chocolat.
Je n'ai aucune notion du temps ni des distances... Je demande a Ramiro ou nous en sommes. Il me repond : la 5500 ; la 5700, la 5800... Il est 04h00, 05h30, 06h00...

A cette altitude, je ne sais pas si j'ai froid ou mal a la tete, et mon estomac commence a faire des siennes... Je ne veux pas m'arreter, replace inlassablement un pied devant l'autre.

La clarte du jour se devoile, l'inclinaison de la pente se fait beaucoup plus forte. Nous montons maintenant a l'aide du piolet, les efforts me coutent et je me sens affaibli... Je fais meme plusieurs pas les yeux clos, prenant avec calme des inspirations profondes.




C'est la derniere pause. En levant la tete on l'aperçoit : la cumbre, le sommet, les 6088 m sont la haut. C'est beau cette arete blanche qui se dessine sur le ciel azur fonce ! C'est possible, possible d'y arriver. Le fait de voir le sommet me redonne mille forces et je repars comme neuf ! Nous depassons une cordee de trois et je ressens chaque metre gagne comme une victoire, un plaisir de l'effort fait et de la recompense immediate qui me place chaque fois plus proche de ce graal.





C'est incroyable, ça y est, a 06h45 nous voici au sommet du Huayna Potosi et un flot de plaisir, d'emotions et de relachement me submerge. je suis tellement fier de moi, heureux de ce que je considere comme un fort depassement de moi, que je sanglote en admirant la vue !





La cordee qui nous precedait entame sa redescente et je profite de MES 6088 metres ! Merci Ramiro !









video pour vous faire partager " en live " mon ressenti...




Nous restons un petit quart d'heure en haut, le froid gagne vite et d'autres cordees montrent le bout de leur piolet... A notre tour, nous cedons la place et entamons la redescente vers le camp haut. La je peux vous fournir quelques photos car le soleil cogne sur la neige... et nous descendons suffisamment vite pour faire quelques pauses !








On descend meme tres vite puisqu'il nous suffit de 01h50 pour atteindre le campamento alto !! La aussi, gros relachement - pas de pleurs ! - mes jambes se derobent presque a chaque pas. Il faut que je m'assois un peu.

Waouh ! Je l'ai fait. Je ne realise pas encore tres bien... Je suis juste fatigue. Je bois un the avec des feuilles de coca, mange un reste de chocolat et fais secher mes chausettes dehors. Je regarde derriere moi... la cumbre est loin, heureusement en fermant les yeux je m'y vois encore. Une heure se passe, je me change et refais mon sac, Ramiro est pret a rejoindre le camp de base.


Nous descendons lentement sur les blocs de pierre, le poids du sac et la fatigue sont de terribles ennemis contre lesquels il faut lutter pendant une heure.


A 11h00 - seulement en fait - nous sommes redescendus a 4700 m, soit ( 6088 - 4700 = .... ) metres de denivele descendants. J'ai les joues qui piquent car le peu de chaleur ici contraste avec le froid du sommet.
Malheureusement, Ramiro ne m'accompagne pas jusqu'a La Paz, il repart aujourd'hui meme avec deux touristes pour trois jours que vous devinez je crois ! (balese...)
A 12h30 je descends du taxi et me retrouve en plein La Paz, en centre ville, dans l'agence. J'y reçoit le tee-shirt souvenir de cette ascension reussie et ne m'attarde pas... direction l'hotel - un jus d'orange frais au passage - puis douche et lit pour une sieste de deux heures.
Vers 16h00 je vais manger un pave de boeuf et de la quinoa puis retourne me coucher sans avoir omis de mettre un mot a Helene pour ne pas qu'elle s'inquiete en rentant de son trek.
Je dors ! Je dors ! Je reve, je marche, je touche ce petit toit du monde, ce Huayna a moi ! "
Olivier


Je ferai faire deux tee-shirt " special souvenir " de cette ascension et serai ravi de retrouver Ramiro a l'agence 3 jours plus tard pour lui offrir son exemplaire !

" Le mardi 23 je souhaite bonne chance a Olivier qui s'est mis une grosse pression, moi je m'en vais avec Sara et Paul, deux hollandais et Jeanie et Jolianne, deux canadiennes, accompagnee de deux guides pour la Cumbre. La Cumbre, c'est le point culminant de la ville de La Paz : 4700 m. On nous y depose en minibus. D'ici, nous passerons les trois jours a descendre jusque Coroico a 1200m... Je vous entends deja dire "ah que de la descente, c'est facile !...".
Et bien non ! quand tu passes ton temps a descendre, t'es contente quand la pente change de sens !
Le premier jour, les jambes ont descendu 2000m de denivele...Les paysages et la vegetation changent avec l'altitude, nous traversons des villages. Ici les habitants ont tous des joues rouges car leur taux de globules rouges est superieur au notre, ceci pour lutter contre le froid et pallier au manque d'oxygene.
" J'ai pris l'appareil photo pour mon ascension au Huayna Potosi et Helene n'a donc aucune image a vous proposer pour son trek. Les holandais qui ont accompagne Helene ont fait quelques cliches et les enverront des que possible... L'article sera mis a jour plus tard !! "

Olivier

Une premiere nuit a 2800m ... sous la tente.
Impossible de dormir sur le ventre vu l'epaisseur du tapis de sol qui laisse passer le froid, comme d'hab, je suis contente de me lever le matin et de mettre la machine en route, histoire de se rechauffer !
Une seconde journee bien agreable avec le soleil, la descente se fait moins sentir et nous marchons sur les versants des montagnes, nous traversons des cascades et avons une vue imprenable sur tout ce qui nous entoure.


Normalement, une photo la !


Ce soir, nous dormons sur le terrain de Maria. Maria, 22 ans vit avec Daisy, sa fille de 4 ans, le pere est parti avec une autre. Elles vivent ici, perdues en pleine montagne a deux jours de marche de La Paz. Maria survit avec les bouteilles d'eau qu'elle vend aux randonneurs ( une a cinq personnes par semaine ) ... Daisy ne va pas a l'ecole mais sa mere demande a chaque visiteur de lui faire l'ecole !!
Une nuit sous la tente beaucoup plus agreable que la precedente, quelques metres en moins veut dire quelques degres en plus donc nuit douillette dans le sac de couchage.


Le lendemain matin, le groupe part sans moi .... pensant que j'etais devant !! Et non ! j'etais allee me laver les dents ! bref meme pas peur ! deux heures plus tard je les retrouve. A cette altitude ( -2000 m ) les premieres fleurs apparaissent et que c 'est agreable de marcher dans cette nature vierge de toutes pollutions...
Nous finirons la marche par la " casa du Japones ". On rencontre un homme completement bossu, japonais d'origine qui a quitte son pays en 1955. Il vit ici depuis ce temps... une drole d' histoire ! Un touriste français lui a envoye une revue sur l'Alsace Lorraine... etant la seule française du groupe, il me presente chaque page, il connaissait l'Alsace mieux que moi a travers son livre, il pouvait citer " Colmar, les maisons a colombages, la route des vins...". Il conclura l'entretien en me donnant son adresse et en me priant de lui envoyer une revue sur le Nord... drole de personnage ! Deux heures plus tard, nous descendons les derniers metres laissant derriere nous les montagnes.


Difficle retour a La Paz et ses gaz d'echappements, la j'espere retrouver Olivier bien vivant et ayant reussi son ascension...


Un qui n'est plus vivant, c'est Mickael Jackson et toute la nuit et le jour suivant, sa voix et ses chansons resonnent dans toute la ville...
Lien d'une video que nous apprecierons de voir et revoir sur Internet :

http://www.youtube.com/watch?v=p2nTSbHfJvk&feature=related


Vendredi, journee de repos, histoire de se reposer les jambes et d'ecrire un peu de blog...


Le 27 juin, nouveau defi sportif !
En velo cette fois, se dresse devant nous la " carretera de la muerte ", " la route de la mort ", 64 kilometres de descente pour 3600m de denivele sur une route asphaltee puis un simple chemin de terre bordant un precipice de plus de 500m !
Le nom de cette route n'est malheureusement pas un coup marketing pour touristes...
Lorsqu'elle etait en activite, de nombreux vehicules sont tombes dans le precipice et a l'heure actuelle, fermee a la circulation, on y denombre quelques victimes cyclistes qui ayant freine trop tard ou derape ont fait une chute mortelle.
Tout cela refroidit Helene qui prefere rester en ville. Olivier, pour sa part est attire par cette descente !


" Passant d'agence en agence, examinant les velos et regardant les photos et videos, je finis par convaincre Helene de tenter cette experience unique, car on peut la faire en toute securite, je pense... "
Olivier


" Partagee entre la peur d'y aller, l'attirance du danger et le fait de ne pas vouloir regretter, je m'inscris finalement pour la descente..."
Helene


On essaiera nos tenues la veille, casques, combis, t-shirt souvenir ! Et des 08h30 le lendemain, nous voila a 4700m, la Cumbre, pour le petit dejeuner en equipe.


Un aperçu de la route...


Deux guides en VTT nous encadrent, un ouvre la voie et l'autre est charge des photos et video. Un vehicule ferme la marche pour la logistique.
En " hors d'oeuvre", nous avalons 20 kilometres de route asphaltee en position aerodynamique de descendeur.


VTT a suspension avant, freins a disque, casque et gilet... on est d'attaque !!

"Peu a peu, je m'approprie la bicyclette et lache de plus en plus les freins."
Helene


" Quant a moi, interdiction de freiner, la vitesse augmente, je me regale WAOUHHHH!"
Olivier

Les preuves en images !



Avant la piste, petit controle genre " Tour de France " ! Personne n'est positif !!

Nous attaquons bientot le " plat principal ", 40 km de descente sur piste. On a la tete dans les nuages pour commencer.






On est entoure par une nature verdoyante qui va evoluer au fil des metres descendus. La chaleur aussi va nous accompagner.




Photo au bord du precipice avec un peu de style...
P'tite pause casse-croute et c'est reparti, toujours avec prudence et plaisir :

Action !



La belle route de la mort...
On pedalera quand meme un peu et un arret bien choisi par le guide calmera nos ardeurs. Nous sommes devant la tombe d'un anglais, decede ici il y a deux mois... Il est sorti de la piste en plein virage...
On repart tous avec les mains un peu plus sur les freins...


Ca n'empeche pas quelques figures de style...


... et de se rafraichir... en video pour vous s'il vous plait !

Nous arrivons finalement sans grande peine proche de Coroico, tous sains et saufs et heureux de l'avoir fait.



Encore un ptit effort pour la photo souvenir... et le tee-shirt SURVIVOR de ce bon moment !
La fin du programme est plutot sympa : douche, piscine et buffet dans un p'tit hotel du coin !

La troupe nous quitte pour remonter a La Paz, nous nous restons a Coroico pour se reposer. Ici a 1200m, il fait bien chaud ... une atmosphere familiale se ressent dans le village : ici ce sont les vacances d'hiver et les hotels sont complets...


Belle vue sur la vallee... avec rapaces, ciel bleu, soleil et repos d'un jour !
L'ecriture du blog nous occupera bien entre deux restos !
Et mardi 29 juin, nous repartons sur La Paz, derniere nuit en Bolivie avant le Perou !

Et non ! Surprise ! Arrives a 08h30 au terminal de bus, au lieu d'embarquer pour la ville de Cuzco au Perou, nous sommes reorientes vers Copacabana... mince on connait deja ! Des bloqueos ( greves ) au Perou empechent tout trafic...

Affaire a suivre, c'est pas l'Perou !!